Un peu de liberté...

Prière au vent

 

Je marche lentement, sentant le vent jouer avec mes cheveux et caresser mes joues. Je marche sans but particulier, me demandant ce qui peut bien motiver mon corps à se mettre en mouvement.

 

Je sens en moi des émotions contradictoires, mélange de colère,  de déception, de dégoût et de chagrin. 

 

Soudain, le vent se fait plus fort et en moi, je sens cet appel : Bats moi, fais moi sortir de là.

 

J’en appelle à ce vent pour me transporter ailleurs, faire disparaître les limites de ce corps grossier, me faire exploser en millions de particules qu’il ferait tourbillonner à l’infini, enfin s’enivrer de cette totale désorientation, comme dans un grand huit, où ni le toucher, ni la vue, ni l’ouïe ne permet de se raccrocher, qu’il m’envole et me transforme.

 

J’en appelle à la morsure du froid et à sa violence pour me rappeler que j’existe encore. Qu’à la fois il me fasse disparaître et me fasse vivre.

 

Ô fais moi oublier toutes ces blessures, fais moi croire qu’on peut encore respecter l’être que je suis devenue. Fais moi croire que ce qu’ils ont fait de mon cœur, que cette charpie sensée battre dans l’unisson est encore viable, fais moi croire qu’on peut m’aimer pour ce que je suis parce que simplement je suis et non pas pour ce que je sais faire.

 

Toi seul arrive à me faire exister, tantôt par tes douces caresses, tantôt par ces gifles qui cinglent mon visage, par ce froid dont tu m’accables, par tes poussées qui me heurtent.

 

J’offre à ta force mon visage pour balayer les larmes amères, je t’ouvre mon cœur pour que tu effaces toutes ces émotions meurtrières qui me bouleversent, je te donne mon corps pour que tu le façonnes.

 

En toi je me blottirai jusqu’à l’achèvement, je veux renaître dans un ouragan qui me laissera épuisée mais vivante.

 

Je veux de ta violence, c’est dans la lutte que je deviendrai alors bats moi, vent, fais claquer tes longues mains blanches sur mon corps, que je goute à la tiédeur de mon sang dans cette mue invisible, que mon souffle se mêle au tien dans cette danse frénétique et qu’enfin la musique se taise pour que les danseurs enivrés s’arrêtent, pour que tout s’arrête.

 



21/01/2012
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