Un peu de liberté...

Je suis (1ère partie)

Texte inspiré du premier écrit "Je suis" qui aura donné une deuxième version (Je suis version 2).

 

La route défile devant moi, cela me donne l’impression que la voiture avale le bitume tel un affamé à qui l’ont présente un plat.

 

J’aime voir le paysage se modifier au fur et à mesure que l’on avance, les changements de couleur du feuillage des arbres, la forme des nuages poussés par le vent… tout le privilège du passager avant que d’être le témoin d’un monde en perpétuel mouvement.

 

Je jette un coup d’œil dans le miroir du pare-soleil vers l’arrière du véhicule : Pierre s’endort paisiblement, confortablement installé dans son siège auto, mâchouillant tranquillement un bout de son doudou. Il paraît si petit dans ce siège ! On a l’impression qu’il forme une carapace tout autour de lui, l’enveloppant dans la douceur et la sécurité. Je suis tellement fière de ce petit bonhomme que c’est émue que je me tourne vers mon mari, en partie responsable de la perfection de notre fils. Et si mon cœur s’attendrit devant Pierre, il fond littéralement quand je regarde mon époux.

 

Comme au premier jour, un petit creux se forme dans mon estomac, signe de désir, de peur aussi de le perdre. Il ressemble à une icône avec le soleil baignant son visage et jouant avec les reflets cuivrés de ses cheveux. Il me regarde, me sourit. Instant de paix… avant l’orage.

 

En quelques secondes, je me retrouve secouée, ballotée, malmenée, ma vue se brouillent, mes sens me perdent. Je percute, cogne, m’égratigne, un pantin dans des mains malhabiles. J’ai l’impression de me trouver prise dans une tempête qui arrache tout dans des bruits de tôles qui se froissent, craquent, du verre qui se brise et éclate, la lourdeur du métal sur mon corps, la chaleur d’un feu débutant… puis rien…

 

Plongée dans le silence et le noir. Je ne suis que conscience, je suis dans un espace autre, un lieu qui n’en est pas un, un vide qui se meuble de plein, un ailleurs.

 

Derrière moi, j’entends un feu qui crépite, un silence pesant. Je sens la douleur d’un retour à la vie, un retour dans un cauchemar angoissant sans sortie de secours possible.

 

Devant moi le néant, l’angoisse du vide, la frayeur de l’inconnu, une mort violente.

 

Et puis l’abyme, l’oubli, l’inconscience. Je laisse au destin de choisir la voie, je m’efface, disparais, abandonne, lâche…

 



06/08/2009
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