Un peu de liberté...

L'amour de l'immortel

 

             

 

Les minutes s’égrènent lentement et je continue à t’observer pendant ton sommeil. Les immortels eux ne se reposent jamais. Sans cesse ils se questionnent, retournent leurs interrogations jusqu’à ce qu’ils ne se souviennent plus de leur première réflexion.

 

Ta vie est un mystère, et cette énigme éveille en moi un sentiment qui se voudrait proche de l’amour. Et peut-être en est-ce.

 

Le masque de la plénitude et de la tranquillité s’est doucement posé sur toi, faisant ressortir la beauté de ton corps. Chaque trait, chaque angle et rondeur irradient. Mais ce qui me déroute à chaque fois que je contemple ton corps endormis ce sont tes lèvres, jointes en un sourire quasi irréel. Ta bouche semble être faite pour de smots d’amour, chaque parole qu’elle prononce est comme une mélodie, pleine de cette tendresse propre aux être de ton espèce. Tes paupières sont comme le saint vase : elle renferment l’unique, le sacré, l’innommable et l’interdit. Quiconque voudrait connaître ce qu’elles renferment, plongerait dans cet abyme vert si cher à mon cœur esseulé.

 

Tu me dis que je suis lumière et qu’à bien des égards le soleil devrait être jaloux de mois. Mais ne vois-tu pas que je ne suis qu’ombre ? Et pourtant je me laisse à tes caresses, je m’abandonne à ta bouche, je fonds et me confonds à ton corps à chaque étreinte. Je continue à t’accueillir dans mes bras et me persuade que je peux te donner autre chose que le néant qui m’habite. Je suis ombre.

 

Maintenant le soleil se lève et pénètre peu à peu dans la chambre. J’observe une dernière fois ton corps sublimé par les rayons qui te caressent et j’envie ce privilège. Lentement, comme repoussée par une armée invisible, je retourne à ce monde de nuit, impatiente de retrouver nos retrouvailles nocturnes.

 

Car oui mon amour, tu as deux rivales qui se bataillent ton cœur, deux immortels qui ne souhaitent que ton amour. Et en ce jour qui se lève tu accueilleras le soleil avec le sourire et à la nuit prochaine tu m’aimeras avec toute la tendresse qui est tienne. J’attendrai mon heure, j’attendrai que ton choix fut fait bien que, malgré les sentiments qui pourraient nous lier, je sais que ta vie est sous les astres lumineux.



07/02/2009
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